Découvrez la dramaturgie danoise à travers trois auteurs contemporains marquants, chacun offrant une perspective singulière sur le langage théâtral et sur la cible à atteindre : l’intimité profonde de l’être chez Astrid Saalbach, le débat social politiquement incorrect de Christian Lollike, l’analyse grinçante des rapports à l’autre pour Erling Jepsen.

2 programmes de lecture :
Programme A :
Luxure, Astrid Saalbach
Le garçon dans la haie, Erling Jepsen

Programme B :
Angoisse cosmique ou le jour où Brad Pitt fut atteint de paranoïa, Christian Lollike

Deux programmes concoctés, traduits et mis en voix par Catherine Lise Dubost grâce au soutien de la Maison Antoine Vitez et de la Kunstrådet, Danish Arts Council.



   
   
 
Luxure

Vendredi 6 - 19h / 21h50 - Mikado
<40 min

Texte : Astrid Saalbach
Traduction : Catherine Lise Dubost
Avec : 3 comédiens

 

 


Astrid Saalbach met en scène une touriste danoise éprise d’un animateur de village de vacances tunisien qui se refuse à elle. Elle s’épanche en déclarations, s’abaissant jusqu’à l’impudeur et bravant dans l’anonymat de la relation toutes les règles de la séduction. Une pièce forte sur l’impudeur et le respect des limites de l’intime.

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Portrait

Astrid Saalbach est née au Danemark en 1955. L’écriture perméable et suggestive de Saalbach dévoile lentement les questions les plus sensibles de son époque. C’est comme dramaturge qu’elle se montre la plus innovante : avec ses pièces pour la télévision et la radio qui lui valurent en 1983 le Nordisk Radiospilpris (Prix nordique de la radio pour le théâtre), mais aussi, et surtout avec ses drames pour la scène Den usynlige By (La ville invisible) et Dansetimen (La leçon de danse) de 1986. Sa trilogie Morgen og Aften (Matin et Soir) – Det velsignet Barn (L’enfant béni) - Aske til Aske, Støv til Støv (De cendre et de poussière) acheva de la positionner comme l’un des plus éminents dramaturges de sa génération. Le recommencement forcé, la mort, mentale et physique, le plus souvent celle de la mère, l’angoisse obsessionnelle de la jeune femme de perdre son enfant sont des thèmes récurrents dans son œuvre, surtout dans son théâtre où ils prennent une dimension presque mythique. Par l’immédiateté de ses dialogues, le glissement entre les différents espaces temps et un usage singulier du vide, Saalbach parvient à rendre une « autre scène » tangible par un effet dramatique bien à elle, et à toucher le point le plus sensible, là où la catastrophe attend de se produire. Saalbach a reçu de nombreux prix, notamment pour Det Kolde hjerte (Un cœur de pierre), et Verdens Ende (Le Bout du Monde).

 
 


Le garçon dans la haie

Vendredi 6 - 19h / 21h50 - Mikado
<40 min

Texte : Erling Jepsen
Traduction : Catherine Lise Dubost
Avec : 4 comédiens

 

 

 

Une famille en deuil est observée par ses voisins à travers la haie qui sépare leurs jardins. Un drame qui exhibe à la fois la difficulté d’agir et de réagir devant la douleur de l’autre. Avec son regard impitoyable sur les petitesses humaines, Erling Jepsen brutalise et dérange par l’éclairage sans concession du quotidien de Monsieur Tout le Monde.

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Portrait

Né en 1956, Erling Jepsen fait ses débuts à 21 ans avec Kiks med kniv og gaffel (On mange les biscuits avec des couverts), immédiatement salué par le public comme une révélation. Avec plus de 30 productions télévisées, radiophoniques et dramatiques à son actif, il est aujourd’hui le plus joué des dramaturges danois.
Le théâtre de Jepsen commence par un voyage à travers les coulisses des émotions humaines, qui se caractérise par l’introduction du spectateur dans un monde reconnaissable, comme une main tendue et rassurante qui l’emmène progressivement et souvent avec humour dans les régions de l’inconscient où l’insécurité, l’anormal prennent le pas sur le rationnel. En 1997, Erling Jepsen marque la saison théâtrale avec deux premières œuvres : Muhammad Ali svigter aldrig (Muhammed Ali ne déçoit jamais) et Søster Coma (Sœur Coma). Dans ces deux pièces, l’humour ne sert plus de sésame à la séduction du public. Jepsen entre directement et sans concession dans la tragédie des expériences humaines. On ressent dans les pièces suivantes la maturité d’un auteur qui ne cherche plus à séduire, mais ose le corps à corps avec son sujet. Il défraie la chronique en 2003 avec Anna og tyngdeloven (Anna et la loi de l’apesanteur), puis en 2004 où Manden fra Estland (L’Estonien) marque une volonté nouvelle de s’inscrire dans le débat politico-social tout en gardant la satire grinçante comme signe particulier.


 
 

Angoisse cosmique ou le jour où Brad Pitt fut atteint de paranoia

Samedi 7- 19h50 / 21h30 - Mikado
<40 min
Création en cours

Texte : Christian Lollike
Traduction : Catherine Lise Dubost
Avec : 4 comédiens

 

 

 

Une satire du politiquement correct dans les milieux aisés où la question environnementale, l’aide humanitaire et autre charity business deviennent autant de moyens de distinction enracinés dans la mauvaise conscience occidentale vis-à-vis du tiers-monde. Par une forme et une structure dramatique particulière, Christian Lollike offre un nouveau regard sur la portée de l’expression théâtrale.

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Portrait

Né en 1973 au Danemark et après des études de philosophie et de littérature à l’Université de Roskilde, Christian Lollike termine ses études de dramaturgie au théâtre de Århus en 2001 avec la pièce Undskyld gamle, hvor finder jeg tiden, kærligheden og den galskab der smitter… (Pardon, vieux, où puis-je trouver le temps, l’amour et la folie contagieuse...), jouée ensuite dans plusieurs pays scandinaves et en Allemagne.
Auteur de pièces radiophoniques, de scénarios et de pièces dont Gensyn i Braunau (Retrouvailles à Brunau), Dom over Skrig (Verdict et cris), Faust og Reklamecabaretten (Faust et le cabaret publicitaire) ....
En 2003 et 2005, il est nominé pour le Reumert (Molière danois) du meilleur dramaturge, la deuxième fois pour Underværket (Chef-d’œuvre) et Service selvmord (Service Suicide). Lollike est l’auteur de l’adaptation pour le théâtre du film Dogville de Lars von Trier aujourd’hui jouée dans le monde entier.