Ici la voix ou le violoncelle se transforment, se métamorphosent pour prolonger le sens, pour le souligner, le détourner, le transfigurer. Que ce soit l’écho artificiel du Revox ou les transformations générées par l’informatique, le son originel induit sa propre musique, sa propre langue, pour devenir peut-être monstrueux ou sublimement beau.

   
   
 
Vendredi 6 - 19h05 / 22h50 - Gymnase 2
Samedi 7 - 20h10 / 21h50 - Gymnase 2
<13 min

Compositeur : Martin Matalon
Violoncelle : Isabelle Veyrier

 

 


" Traces 1 pour violoncelle et dispositif électronique en temps réel, ouvre un cycle avec instrument seul et électronique, qui connaîtra d’autres développements. Á la manière d’un journal intime, mes Traces successives abordent les problématiques compositionnelles qui me préoccupent aux différents moments de leur écriture. Mon intention est de créer un environnement qui par le biais de l’électronique, démultiplie, transforme et transcende l’espace et les possibilités de l’instrument soliste.
Traces 1 oppose deux conceptions du temps musical, deux comportements sonores et deux élaborations formelles. La première forme se construit dans un environnement où le temps musical est lisse et suspendu. Une nappe sonore granuleuse, changeante et dynamique, se forme avec les sédiments et les traces que ces lignes laissent dans leur trajectoire. De caractère linéaire, ce mouvement exploitera un violoncelle au son épanoui, voire extraverti. Au son exubérant du premier panneau, répond le son intimiste du second. Ce caractère résulte de l’emploi d’une sourdine en plomb et d’un traitement faisant appel aux différents types de filtrage, qui le corroborent. Ce deuxième panneau du diptyque, à forme circulaire, s’oppose à la linéarité du précédent : une phrase musicale de quelques mesures, va se répéter en boucle à la manière d’une passacaille tout en suivant un cycle de transpositions prédéterminées mais aléatoires. Au-dessus de cette trame, qui se re-génère, d’autres objets de nature plus fantasques et éthérés vont se dessiner. La forme circulaire de ce mouvement s’articule dans un temps musical pulsé, strié."
Martin Matalon

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Portrait

Né à Buenos Aires en 1958, Martin Matalon étudie à la Juilliard School de New York où il obtient son Master de composition. En 1989, il fonde Music Mobile, ensemble basé à New York et consacré au répertoire contemporain.En 1993, définitivement installé à Paris, l’Ircam lui commande une nouvelle partition pour la version restaurée du film de Fritz Lang, Metropolis. Après ce travail considérable, Martin Matalon se plonge dans l’univers de Luis Buñuel en écrivant consécutivement trois nouvelles partitions pour les trois films surréalistes du cinéaste espagnol : Las Siete vidas de un gato (1996) pour Un Chien andalou (1927), Le Scorpion (2001) pour L’Age d’or (1931) et Traces II (2005) pour Las Hurdes terre sans pain (1932).
Son catalogue comprend également un nombre important d’œuvres de musique de chambre, telles que Formas de Arena, pour flûte, alto et harpe, ou Lineas de agua pour octuor de violoncelles. Initiée en 1997, la série des Trames, œuvres a la lisière de l’écriture soliste du concerto et de la musique de chambre, et la série des Traces qui constitue pour le compositeur une sorte de « journal intime compositionnel » et destinée à des instruments solistes avec électronique en temps réel, forment un pan important de son catalogue. Martin Matalon a écrit, entre autres, pour l’Orchestre de Paris, l’Orchestre National de France, l’Orchestre National de Lorraine, Barcelona 216, Court-circuit, le Trio Nobis, l’Ensemble intercontemporain, Bit 20, MusikFabrik…


 
 


Samedi 7 - 19h50 / 21h30 - Gymnase 2
<10 min

Compositeur : Luc Ferrari
Voix : Géraldine Keller

 

 

 


" Monologos est composé pour une chanteuse soliste, accompagnée par un dispositif technique relativement simple,
- peut être éventuellement chanté par un homme chanteur, mais je préfère les femmes,
- peut être éventuellement chanté par plusieurs, mais finalement pourquoi mettre plusieurs personnes là où une seule suffit,
donc Monologos est composé pour une chanteuse soliste qui s’accompagne avec un tambour de basque.

Si par hasard on prenait en considération la partition, elle peut être considérée comme un schéma d’actions. Elle peut même être suivie avec précision. Par contre, on peut la considérer seulement comme un répertoire d’indications, alors elle donne à l’interprète une grande et évidente marge de liberté. Donc, elle peut être suivie avec précision, ne pas être suivie avec précision, ou même ne pas être suivie du tout. Mais à condition d’avoir grand besoin de liberté, c’est-à-dire de la vouloir.
Dans ce dernier sens la réalisatrice peut enrichir le schéma de son imagination en fonction de l’expérience qu’elle aura acquise des possibilités du dispositif technique. Ce répertoire d’indications, devrait alors servir à la réalisatrice pour dégager l’esprit et la forme générale, suggérés par la partition. "
Luc Ferrari

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Portrait

Géraldine Keller
Soprano, son répertoire s'étend de la musique ancienne à la création d'oeuvres contemporaines privilégiant la complémentarité des musiques écrites et improvisées.
Elle obtient d'abord une maîtrise d'arts plastiques et, parallèlement, elle étudie la voix, le jazz et le répertoire vocal contemporain au Conservatoire national de région de Strasbourg. Elle poursuit également un apprentissage complémentaire en danse contemporaine et théâtre.Elle chante pour de nombreux compositeurs dont François Rossé, Gualtiero Dazzi, Jean-Pierre Drouet, Christophe Havel, Hans Joachim Hespos, Thierry Alla, José Luis Campana. Elle interprète des oeuvres de Giacinto Scelsi, Georges Aperghis, John Cage, Luca Francesconi, Gyorgy Kurtag.Elle collabore avec des compagnies de danse, de théâtre musical et de théâtre d'objet dont Cie Adèle Riton (Strasbourg), Cie Blu (Italie), Cie Le Grain (Bordeaux), Cie Malene Hertz (Danemark), Cie Archipel Indigo (Strasbourg), Cie Médiane (Strasbourg), avec lesquelles elle crée de nombreux spectacles sur les scènes françaises et européennes.

 
 

Dimanche 8 - 17h / 18h50 - Gymnase 2
<20 min
Création en cours

Texte : Fabienne Thiéry
Musique : Alexandros Markéas
Voix : Géraldine Keller

 

 

 

Sur la rive Est de la mer Marmittante, les habitants tentent d’apprivoiser l’Hydrigolante, la Bête aux Cent Rires, qui répand des vagues de rires fous, mystérieux, doux, venteux, silencieux ou assourdissants, glaçants ou apaisants.
Dans un dispositif qui mêle amplification et transformation vocale, imaginé par AlexandrosMarkéas et mis en œuvre par Géraldine Keller, la musique rencontre lesmots de Fabienne Thiéry pour le plaisir des plus jeunes.

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Portraits

Fidèle disciple des conteurs universels, Fabienne Thiéry parcourt la France en semant le rêve autour d’elle. Ses auditeurs, adultes et enfants, se laissent charmer.
Fabienne Thiéry semble tout droit sortie d’un monde magique et secret, elle apparaît accompagnée de ses bols chantants du Tibet.
Maîtresse des mots et du suspense, de l’humour et du charme, elle sait envoûter son public.

Né en 1965 à Athènes, Alexandros Markéas étudie le piano et l’écriture au Conservatoire National de Grèce. Études qu’il poursuit au Conservatoire Supérieur de Paris.
Parallèlement il se consacre à la composition. Il suit au Conservatoire Supérieur de Paris les classes d’écriture, d’analyse et de composition de Guy Reibel, Michael Levinas, Marc-André Dalbavie et obtient les premiers prix de contrepoint, fugue et composition. Il est aussi sélectionné pour suivre le cursus annuel de composition et d’informatique musicale de l’IRCAM.
Cherchant à enrichir son travail au contact de différents domaines d’expression (texte, théâtre, arts plastiques), il s’intéresse au théâtre musical, à la musique pour l’image, ainsi qu’à la composition pédagogique.
Il obtient des commandes de l’Etat Français, de Radio France, du Musée du Louvre, du Centre d’Art Polyphonique, de la Fondation Royaumont, du Festival Roma Europa, du Festival d’Aix en Provence, du Festival d’Athènes...
En 1999 il est nommé pensionnaire de l’Académie de France à Rome à la Villa Médicis et en 2001 il reçoit le prix Hervé Dujardin de la SACEM.
Depuis 2003, il enseigne l’improvisation au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Ses œuvres sont éditées aux Editions Billaudot.